Un autre regard sur le monde

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vendredi 5 mars 2021

La traite oubliée des négriers musulmans Par leur ampleur et leur durée - du VIIe au XXe siècle -, les « traites orientales » organisées par les négriers musulmans constituent sans doute, d'un point de vue quantitatif, la plus importante des trois traites négrières de l'histoire. Le sujet pourtant reste aujourd'hui encore en partie tabou.

 La traite* négrière est logiquement associée au grand trafic transatlantique organisé à partir de l'Europe et des Amériques, qui a conduit à la déportation d'environ 11 millions d'Africains en Amérique. Il faut aussi compter avec deux précédents : d'abord les traites internes, destinées à satisfaire les besoins en main-d'oeuvre de l'Afrique noire précoloniale, soit, si l'on applique les méthodes de Patrick Manning, au moins 14 millions de personnes1. Ensuite les traites « orientales », qui alimentèrent en esclaves noirs le monde musulman et les régions en relation avec ses circuits commerciaux.

Ces traites sont mal connues et difficiles à chiffrer mais selon l'historien américain Ralph Austen2, le meilleur spécialiste de la question, 17 millions de personnes auraient été déportées par les négriers* musulmans entre 650 et 1920.

Au total, les traites orientales seraient donc à l'origine d'un peu plus de 40 % des 42 millions de personnes déportées par l'ensemble des traites négrières. Elles constitueraient ainsi le plus grand commerce négrier de l'histoire. Pourtant, mis à part certains travaux, dont ceux de François Renault, le sujet est à peine effleuré par les chercheurs français. Il existe, en effet, une tendance à dédramatiser le rôle et l'impact des traites orientales, à en minimiser la dureté. Cette « légende dorée » de la traite orientale est d'abord une forme de réaction à la « légende noire » véhiculée par les explorateurs européens de la fin du XIXe siècle qui, dans le but d'abolir la traite en Afrique, ont parfois exagérément noirci la réalité des traites orientales.

La recherche se heurte à des tabous. « Pour le moment, écrivait Bernard Lewis en 1993, l'esclavage en terre d'islam reste un sujet à la fois obscur et hypersensible, dont la seule mention est souvent ressentie comme le signe d'intentions hostiles 3. » Analysant des manuels scolaires du monde entier, Marc Ferro écrivait en 1981, à propos d'un livre de quatrième utilisé en Afrique francophone : « La main a tremblé, une fois de plus, dès qu'il s'agit d'évoquer les crimes commis par les Arabes [...] alors que l'inventaire des crimes commis par les Européens occupe, pour sa part, et à juste titre, des pages entières 4... »

Ce déni s'explique enfin par des raccourcis idéologiques dépassés : la « solidarité » affichée entre pays d'Afrique noire parfois musulmans et monde musulman, tous marginalisés à l'époque de la bipolarisation Est-Ouest, ou le sentiment de ne faire qu'un seul dans un « Sud » défavorisé, par opposition à un « Nord » développé.

Parmi les nombreux facteurs qui ont contribué à minorer l'ampleur des traites orientales, certains tiennent à l'histoire. La colonisation de l'Afrique noire par l'Europe ayant suivi d'un petit demi-siècle la fin du trafic atlantique, les deux événements sont parfois assimilés. Inversement, l'influence des pays d'islam, pourtant parfois plus profonde que celle de l'Europe, fut plus diffuse et souvent plus intériorisée.

Il est vrai aussi que la traite orientale était moins visible : elle se déroulait en partie à l'intérieur du continent africain alors que le trafic occidental faisait passer les esclaves d'un continent à un autre ; les caravanes de captifs transportaient parfois d'autres « produits » ; le voyage par voie de mer était, sinon inexistant, du moins beaucoup moins ostensible. Par ailleurs, les esclaves* étaient dispersés au sein de vastes territoires.

Ajoutons, avec Janet J. Ewald, que l'esclavage ne préoccupa pas autant les intellectuels orientaux que les penseurs européens et américains des XVIIIe et XIXe siècles5. En Occident, c'est initialement le mouvement abolitionniste qui poussa à étudier « l'infâme trafic ». Or si la question de la légitimité de l'esclavage fut parfois débattue dans le monde musulman, elle ne donna jamais lieu à l'émergence d'un véritable mouvement abolitionniste.

Revenons à la question des chiffres. L'histoire quantitative des traites orientales n'a vraiment débuté qu'à la fin des années 1970, dix ans après celle qui touche aux traites occidentales. De plus, les données statistiques disponibles se fondent davantage sur une critique de sources de seconde main que sur des archives.

On doit procéder par recoupements, utiliser les chiffres connus sur le nombre d'esclaves noirs incorporés dans les armées d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient une cinquantaine de sources différentes, pour la période comprise entre le IXe et le XIVe siècle, mettre à profit les récits de l'époque, ou établir des projections mathématiques évaluant le nombre d'arrivées annuelles en fonction du nombre d'esclaves répertoriés dans certaines villes et de leur taux de mortalité supposé sur place.

Mais, même incertaines, les estimations, sans cesse affinées par Ralph Austen, donnent une idée des effectifs globaux d'Africains déportés à travers le Sahara, la mer Rouge et l'océan Indien depuis le haut Moyen Age, ainsi que du rythme des traites.

Ce qui frappe, outre l'ampleur de ce commerce, c'est son exceptionnelle longévité treize siècles, sans interruption. A leur maximum au XIXe, à l'époque où de nombreuses guerres saintes jihads pourvoyeuses en captifs secouaient l'Afrique occidentale et où l'essor du système de la plantation à Zanzibar suscita d'importants flux négriers, les traites orientales commencent dès le VIIe siècle. L'esclavage était alors une institution bien établie, et la constitution d'un vaste empire musulman ne pouvait qu'accroître les besoins en main-d’œuvre.

LA LÉGENDE DE CHAM

La loi musulmane interdisant d'assujettir les musulmans, on amena les captifs des pays slaves, du Caucase et d'Asie centrale mais surtout de régions au sud du Sahara. Les Africains étant, de loin, les plus nombreux, il se produisit une progressive dévalorisation de l'image des Noirs, assimilés à la figure de l'esclave. Cette dévalorisation servit objectivement à légitimer la traite dont les sociétés esclavagistes avaient besoin.

Pour cela, on eut recours à des arguments à la fois racistes et religieux. On prétendait que l'insuffisante organisation de leur cerveau faisait d'eux des êtres naturellement gais, d'autant plus propres à être mis au travail forcé. On utilisa la légende biblique de Cham, pourtant dénuée à l'origine de tout préjugé de couleur, pour prétendre que les Noirs descendaient de Cham, dont la descendance avait été maudite par son père Noé.

La traite n'est pas justifiée par le Coran, qui ne fait aucune mention de race ou de couleur. Il est donc inexact de parler de « traites musulmanes » : renvoyant à un registre plus neutre, l'expression « traites orientales » est mieux appropriée. Néanmoins, l'apparition puis l'essor d'une traite négrière d'une telle ampleur posa à certains des problèmes moraux : était-il légal d'acheter ou de vendre des esclaves s'ils étaient musulmans ? Au XVe siècle, pour Al-Wansharisi, juriste marocain rompu à la casuistique, peu importait que les captifs se soient convertis à l'islam : l'esclavage était une « humiliation » due à l'incroyance « présente ou passée ». Au XVIe siècle, un autre juriste, Ahmed Baba, Noir razzié par les Marocains, déclarait que la traite était « une des calamités de notre époque » . Mais cet ancien captif ne fut pas entendu.

La carte des traites orientales rend compte de l'importance des flux dès le Moyen Age. On y distingue clairement des régions d'exportation des captifs - Afrique occidentale, Kanem dans l'actuel Tchad, Nubie, Éthiopie, Berbera en Somalie, côte des Zang côtes de la Tanzanie et du Mozambique - et d'importation : Espagne mauresque, Afrique du Nord, Sicile, Proche-Orient, Insulinde et même Chine. Certaines villes, comme Assouan et Cordoue, se spécialisèrent dans la castration des esclaves destinés à être des eunuques. D'autres réexportaient une partie des esclaves dans des villes comme Zabid, dans l'actuel Yémen. Le géographe arabe Al-Idrissi, qui décrivait la cité au XIIe siècle, mentionnait que les esclaves noirs y étaient le seul article d'importation. Un commerce qui, d'après lui, faisait de Zabid une ville « très opulente » .

Dès cette époque, le commerce des esclaves noirs était structuré, international, et possédait des ramifications dans tout le monde musulman. Son ampleur et son extension à l'ensemble de l'Afrique noire, de l'Atlantique à la mer Rouge, autorisent à parler de « traite » et à distinguer celle-ci de l'esclavage antique.

On distingue, au sein des traites orientales, les traites « transsahariennes » de celles ayant affecté les côtes de la mer Rouge et l'Afrique orientale, même si certains esclaves capturés dans ces dernières régions furent dirigés vers le nord, devant affronter eux aussi la pénible traversée du Sahara. Les routes évoluèrent peu. Au Sahara, elles étaient conditionnées par la présence des points d'eau, puits et oasis. Cette longue traversée du désert, comparable à celle d'un immense océan sahel signifie « côte » en arabe, durait d'un à trois mois. Autant que pour joindre par voie de mer les Amériques depuis l'Afrique.

Le trafic qui englobait l'Afrique orientale prit la suite de celui qui existait déjà dans le monde antique, devenant ensuite l'un des éléments d'un trafic encore plus vaste, d'esclaves de toutes origines, correspondant aux espaces bordiers de l'océan Indien. Dès le VIIe siècle, des enclaves commerçantes furent établies sur la côte, entre Mogadiscio, dans l'actuelle Somalie, et Sofala aujourd'hui Beira, au Mozambique. Grâce aux vents de mousson, les esclaves étaient conduits en Arabie et jusqu'en Inde. La traite fut sans doute importante dans la région entre 1400 et 1600. Elle prit une ampleur considérable au XIXe siècle. Deux espaces furent surtout concernés : l'Afrique centre-orientale et le bassin du Nil, où le commerce négrier se développa après 1820, sous l'impulsion du pacha d'Égypte qui voulait des soldats, des esclaves et de l'ivoire.

RÉGIONS MISES À SAC

Partout, le même scénario se répéta. Des traitants Arabes, Swahili ou Noirs islamisés ouvraient des routes et razziaient les populations de l'intérieur, moins habituées aux armes à feu que celles de la côte. Des régions entières furent mises à sac, d'abord jusqu'aux Grands Lacs, puis bien au-delà, les traitants remontant le fleuve Congo. Les raids pouvaient durer plus d'un an. Beaucoup de captifs étaient utilisés sur place, dans les points fortifiés où les traitants s'établissaient. Les autres étaient conduits vers le nord, à travers le désert.

Certains étaient expédiés vers l'Arabie, par la mer Rouge. De Kilwa ou de Bagamoyo, dans l'actuelle Tanzanie, d'autres embarquaient pour le Moyen-Orient ou Zanzibar, à bord de boutres arabes, petits bâtiments à l'arrière relevé, munis d'une ou deux voiles triangulaires. Chacun transportait 100 à 200 esclaves accroupis, genoux au menton. Une plate-forme de bambou était disposée sur cette première rangée d'hommes, afin qu'une autre puisse s'y loger et parfois même une troisième sur le pont. Il fallait, par bon vent, vingt-quatre heures pour rejoindre Zanzibar depuis Bagamoyo, et deux jours à partir de Kilwa. Sans zéphyr, le voyage s'allongeait. A l'arrivée, on faisait le tri entre les morts jetés à l'eau, les mourants abandonnés sur la plage et les valides bons pour être vendus.

Des bateaux à vapeur, moins discrets mais plus rapides, furent également utilisés au XIXe siècle par les commerçants ottomans, surtout après l'ouverture du canal de Suez 1869 et de lignes régulières en direction du Yémen.

A quoi était utilisée cette masse d'esclaves ? On a longtemps cru qu'ils n'avaient rempli pratiquement aucune fonction productive contrairement aux plantations des Amériques et que l'esclavage y était relativement doux, du fait d'affranchissements plus fréquents et de l'idée selon laquelle les traites érotiques constituaient l'essentiel du trafic oriental comme si l'exploitation sexuelle d'un individu était moins dure que celle de sa force de travail.... En fait, un grand nombre d'esclaves jouèrent un rôle économique important, notamment dans l'agriculture. Dans les petites et moyennes exploitations, très répandues, et aussi dans les plantations, établies sur une vaste échelle en Mésopotamie au IXe siècle, au Maroc au XVIe siècle ainsi qu'en Égypte, à Zanzibar et sur les côtes orientales de l'Afrique au XIXe siècle.

Dans les nombreuses oasis du Sahara, les esclaves étaient employés à la culture des palmiers, à la récolte des dattes, mais aussi à l'entretien des milliers de kilomètres de foggaras aqueducs souterrains. Ces oasis, essentielles à la vie en milieu désertique, étaient les indispensables étapes du commerce transsaharien reliant l'Afrique noire au monde méditerranéen et oriental.

L'extraction minière les pierres précieuses de l'ancienne Nubie, l'or, le sel saharien et la récolte des perles en mer Rouge ont également fonctionné grâce aux captifs noirs. Dans les villes, ils remplissaient de multiples fonctions, artisans ou domestiques et parfois intégrés dans des armées, arbitrant ainsi plusieurs conflits au sein du monde musulman.

Au total, le rôle des esclaves, bien que souvent ponctuel, fut toujours important. Ils fournissaient un réservoir de main-d’œuvre à faible coût, toujours disponible et d'une grande souplesse. Ce sont peut-être d'ailleurs cette flexibilité et la variété de leurs rôles qui constituèrent leur apport le plus décisif à l'économie du monde musulman, en lui permettant de toujours se développer à ses propres rythmes.

PRÈS DE 4 MILLIONS EN 1900

Par l'intermédiaire de la traite, l'influence du monde musulman se fit ressentir très loin au sein de l'Afrique noire. Le cas de l'Afrique occidentale est à cet égard intéressant. Si l'on en croit l'historien canadien Paul Lovejoy6, le système esclavagiste joua ici un rôle important dans la production. Près de 4,3 millions d'esclaves auraient été présents dans la région en 1900 contre 2 968 000 dans l'ensemble des Amériques à la fin du XVIIIe siècle et 5 875 000 vers 1860-1870.

Selon Lovejoy, le commerce des esclaves dans cette région aurait été très rapidement contrôlé par les commerçants musulmans. Ce qui expliquerait que les esclaves aient surtout été soit utilisés sur place, soit exportés vers l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, plutôt que vendus aux négriers blancs.

Cet exemple montre combien les réseaux de la traite « orientale » ont joué un rôle important dans l'évolution de l'Afrique occidentale précoloniale. Il en fut ainsi également en Afrique orientale. Seule l'Afrique centre-occidentale Angola échappa à cette influence et, de ce fait, fut plus orientée vers la traite atlantique.

L'absence de vastes communautés noires dans le monde musulman d'aujourd'hui peut surprendre, à la différence de ce que l'on constate aux Amériques. Est-ce parce que les musulmans auraient été plus terribles, n'hésitant pas à émasculer et à transformer la plupart de leurs esclaves hommes en eunuques comme on a pu récemment le lire dans des textes où l'on est passé du tabou à la stigmatisation tandis qu'ils conservaient jalousement les femmes dans des harems ? Cela ne correspond pas plus à la réalité que la thèse de ceux qui, au contraire, soulignant l'absence d'importantes communautés nées de l'esclavage, en déduisent que cet esclavage n'a jamais existé.

Ce qui s'est passé c'est que, à la différence des Amériques, il n'y eut guère de politiques d'encouragement aux naissances parmi les esclaves du monde musulman. Ceux-ci y étaient beaucoup plus dispersés dans l'espace et plus diversement répartis dans l'économie et la société. Et les arrivées d'esclaves furent très irrégulières dans le temps et dans l'espace. Certaines régions en reçurent en grand nombre pendant plusieurs décennies, puis très peu pendant des périodes tout aussi longues.

Mais c'est bien ce trafic qui explique la présence, parfois forte, de groupes ethniques d'origine noire dans les oasis du Sahara et les confins méridionaux des pays du Maghreb. Des groupes qui font parfois l'objet de racisme de la part du reste de la population. En 1970, dans son Histoire de la traite des Noirs Fayard, Hubert Deschamps parlait à ce sujet de la « hiérarchie du mépris », en prenant l'exemple du Tchad. « Mépris des Arabes blancs du Nord pour les Arabes noirs du Centre, mépris de ceux-ci pour les Noirs islamisés du Baguirmi, mépris des Baguirmiens pour les Noirs païens du Sud, ancien réservoir de captifs. »

Qu'en est-il aujourd'hui ? Les incidents relatifs à la poursuite de l'esclavage étaient encore fréquents, il y a quelques années, en Mauritanie et au Soudan. Au Soudan, l'association évangélique Christian Solidarity International CSI a procédé, dans les années 1980, au rachat et à la libération - fortement médiatisés - de Soudanais animistes et chrétiens capturés et asservis par des milices musulmanes au service de l'État central. Mais cette opposition musulmans du Nord/chrétiens du Sud n'est qu'une donnée d'un problème plus vaste, aggravé par de multiples facteurs : un racisme latent à l'encontre des populations du Sud ; l'avantage d'utiliser une main-d’œuvre forcée pour l'agriculture commerciale du centre du Soudan ; la volonté de contrôler les ressources pétrolières du Sud.

Il est également possible qu'en payant 50 000 livres soudanaises par esclave libéré environ 35 euros les représentants - bien intentionnés - de la CSI aient contribué à renforcer les pratiques esclavagistes locales, en les rendant plus rentables pour les milices.

Source ;

https://www.lhistoire.fr/la-traite-oubli%C3%A9e-des-n%C3%A9griers-musulmans-0

vendredi 6 mars 2020

Une campagne contre l'homophobie sur les abris de bus du Cher La moitié des 90 faces publicitaire des abri de bus du Cher consacre la première quinzaine de mars à une campagne de communication initiée par l'association SOS Homophobie. Depuis lundi et pour quinze jours, la moitié des 90 des abri de bus du Cher disposent d’une affiche parmi les huit réalisées pour la campagne orchestrée par SOS homophobie. Elle vise à sensibiliser tout le monde sur la situation des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) en milieu rural.



« Ce n’est pas simple d’être homo ou lesbienne en milieu rural. C’est pourquoi nous avons décidé cette campagne d’affichage avec un message qui se veut positif »
, explique Georges Ratineau, co-délégué territorial Centre-Val de Loire de SOS Homophobie, consultant sur Paris mais vivant à Tours.
Un message positif adressé à tout le monde
Débutée dans l’Indre, elle a lieu maintenant dans le Cher, l’Indre-et-Loire et le Loiret. Huit affiches ont été réalisées, les personnes photographiées, mannequins ou bénévoles de l’association, l’ont fait bénévolement.
La Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (DILCRAH) soutient financièrement l’opération. Le conseil départemental du Cher a consacré à l'opération la moitié des 90 faces d’abri de bus dont ils sont les propriétaires.
Sur les huit affiches, des hommes et des femmes de tous âges expriment leur différence. « C’est une campagne de sensibilisation positive que nous avons mise en place à force de recevoir des appels de la part de personnes LGBT en milieu rural et qui vivent une pression sourde, le poids du quand dira-t-on. Ce n’est pas la même chose en ville, quand on est noyé dans la masse », explique Georges Ratineau.
L’association de lutte contre la lesbophobie, la gayphobie, biphobie, la biphobie et la transphobie, crée en 1994, a réussi à fédérer autour de ce projet né en septembre dernier.
« C’est un message pour le grand public sur la réalité de l’isolement des LGBT ancré en milieu rural », indique co-délégué territorial Centre-Val de Loire de SOS Homophobie. 

 source article François Lesbre  Berry  républicain
Pratique. 

lundi 13 janvier 2020

Lenny et Thomas, l'histoire d'amour qui a ému le web Lenny a illuminé Twitter d’une lueur arc-en-ciel ce dimanche 8 décembre en révélant l’histoire d’amour qu’il partage avec son copain, Thomas. Un tweet qui a beaucoup tourné sur le réseau social. C’est l’histoire d’un message Instagram qui s’est transformé en amour fou. C’est ce qu’un jeune utilisateur de Twitter nous a fait découvrir dimanche 8 décembre, avec un tweet montrant quelques images de leurs échanges sur le réseau social suivi de photos les montrant côte à côte, heureux et amoureux.


lenny a 18 ans, son copain Thomas en a 20. Tous deux vivent en Suisse et sont mannequins. Il y a quelques mois, ce dernier remarque la story Instagram de Lenny et tombe sous le charme : « Tu as un de ces charmes, c’est vraiment fou« , complimente Thomas via le réseau de partage de photos. Contacté par TÊTU, Lenny n’était pourtant pas très réceptif au début : « C’est vrai que je ne m’y intéressais pas tellement car je ne consultais pas vraiment son profil« , raconte le jeune homme, « mais une fois que j’ai commencé à voir ses photos, je suis également tombé sous le charme« .

Néanmoins, même s’ils habitaient le même pays, les deux ne vivaient pas dans le même canton. Ainsi, ils ont longuement échangé via Instagram. « Puis un jour, on s’est vraiment fixé une date précise.On on s’est rencontré à Genève pour boire un café« . Lenny révèle que c’est à ce moment que l’amitié s’est muée en flirt. « On s’est revu deux jours après pour aller voir ‘Le Roi Lion’ et c’est pendant la chanson “L’amour brille sous les étoiles” qu’on s’est tenu la main pour la première fois« , révèle t-il. La relation s’est alors peu à peu installée et les deux se sont « revus et revus et revus… Je vis chez lui et lui chez moi« .

mercredi 16 octobre 2019

Les français et la laicité , état des lieux, Socle de notre cohésion nationale, la laïcité est pourtant un sujet qui suscite des controverses parfois explosives dans le pays, et des remous au sein même des familles politiques. Petit état des lieux de ce que pensent les Français, et plus spécifiquement les sympathisants de La République en marche, quand on leur parle de laïcité et d’une éventuelle modification de la loi de 1905. La laïcité est l’un des socles de notre cohésion nationale, mais aussi un point de repère important pour les citoyens français, dans une époque où ces points de repère ont tendance à manquer, une époque où le « bougisme » permanent et l’individualisme créent des troubles, des questionnements, des tâtonnements. Et tout ce qui peut apparaître comme du solide dans ce que le philosophe Zygmunt Bauman nomme la « société liquide »[1], société où l’unique référence est l’individu et sa capacité à consommer, tout ce qui peut apparaître comme du solide mérite d’être rappelé d’une part, mais aussi d’être défendu.

Le président Emmanuel Macron, n'est pas très clair avec la laïcité, il a été chez les jésuites, ce qui laisse une ambigüité dans son esprit. Il reste  en eau trouble sur le voile. La loi de 1905 ne doit pas servir les partis politiques, elle est le socle qui nous protège de tous les intégristes religieux, qui ne souhaitent que la confusion, pour imposer leur dogme moyenâgeux .by Georges RATINEAU

 la laïcité est-elle menacée avec Emmanuel Macron, à la lecture de ce témoignage, le doute subsiste !
Un pédagogue jésuite évalue l’ancien élève Macron… https://www.france-catholique.fr/Un-pedagogue-jesuite-evalue-l-ancien-eleve-Macron.html

                                                               Aristide Briand

Défendre en somme ce qui est durable plutôt que flexible.
L’un des enjeux de l’époque, où notre paysage politique a été chamboulé au cours de la dernière élection présidentielle, est sans doute de montrer et de convaincre que tout n’est pas nécessairement à jeter dans l’ancien, que tout n’est pas à repenser dans ce qui a fait la France au cours du siècle.
Parmi ces éléments durables, solides, il y a donc la laïcité.
Ainsi, il s’agit d’être au clair sur l’attachement des Français à notre modèle laïque, mais aussi lucide sur ce qui relève de la loi de 1905, de son cadre juridique, et de ce qui n’en relève pas, pour éviter les malentendus, et éviter le brouillage quand on parle de ce sujet. Et les résultats de notre enquête montrent assez bien qu’il y a un besoin de pédagogie sur ce qu’est la laïcité.
L’objectif de cette enquête était de réaliser un état des lieux sur la façon dont les Français, d’abord, perçoivent la laïcité, ce qui fait qu’ils sont attachés ou non au principe de laïcité, ce qui fait qu’ils souhaitent ou non une adaptation, un assouplissement ou un renforcement de la loi de 1905. C’est un sujet qui suscite des controverses parfois explosives dans le pays, et c’est un sujet qui suscite parfois des remous au sein même des majorités politiques, à commencer par La République en marche.
C’est pourquoi l’autre objectif de l’enquête était de s’intéresser spécifiquement à ce que pensent les électeurs de l’actuel parti majoritaire à l’Assemblée nationale, dont les représentants semblent parfois s’exprimer de façon divergente entre eux au sujet de la laïcité.
Nous avons donc interrogé 2505 personnes, dont 493 électeurs qui ont voté Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle de 2017, et 373 électeurs ayant l’intention de voter pour la liste LREM aux prochaines élections européennes.
I - L’ADHÉSION À LA LOI DE 1905 ET AUX GRANDES LOIS ACTUELLES EN MATIÈRE DE LA LAÏCITÉ
Premier enseignement de notre enquête : on voit une opinion publique qui est très massivement attachée à la loi de 1905, position qu’on peut qualifier de très « républicaine ».
Et, élément intéressant, il en est de même au sein de l’électorat LREM – voire cet attachement est d’autant plus fort au sein de l’électorat LREM par rapport à la moyenne des Français.
87 % des Français disent être favorables à la loi de 1905, loi qui garantit le libre exercice des cultes, la liberté de conscience, et qui impose le principe selon lequel l’État ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte.
Les électeurs d’Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle de 2017 sont 94 % à se dire favorables à cette loi ; 95 % pour ceux qui ont l’intention de voter LREM aux européennes de 2019 ; 
83 % des Français se disent favorables à la loi de 2004, qui interdit le port de signes religieux ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, les collèges et les lycées publics.
88 % chez les électeurs d’Emmanuel Macron au premier tour de la dernière élection présidentielle, et 87 % chez ceux qui veulent voter LREM aux prochaines européennes.
89 % des Français se disent favorables à la loi de 2010 interdisant le port d’un voile intégral couvrant le corps et le visage.
      92 % chez les électeurs d’Emmanuel Macron lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, et 93 % chez ceux qui veulent voter LREM aux prochaines européennes.
Petite parenthèse à ce stade : revient parfois l’argument selon lequel la défense de la laïcité se fait d’abord et avant tout contre les musulmans, que celles et ceux qui défendent la laïcité le font d’abord par une supposée « islamophobie ». En raison de la taille importante de son échantillon (2500 personnes), cette enquête permet pour la première fois d’avoir sur ce sujet un aperçu du point de vue des musulmans, généralement exclus de l’analyse en raison de leur trop faible nombre dans l’échantillon d’une enquête classique (autour de 1000 personnes). Ce que nous dévoile cette enquête, c’est qu’une grande majorité des personnes qui se disent musulmanes sont favorables à la loi de 1905. En somme, expliquer qu’il est nécessaire d’adapter la loi de 1905 pour répondre aux besoins et attentes d’une majorité des personnes de confession musulmane de ce pays semble être un argument quelque peu caduc. Parmi les personnes qui se disent musulmanes dans l’enquête, 75 % disent être favorables à la loi de 1905.
On trouve la même chose d’ailleurs quand on leur demande s’ils souhaitent ou non assouplir certains aspects de cette loi, ou la garder telle quelle : 
71 % des Français veulent garder cette loi telle qu’elle est, 24 % veulent « l’assouplir » ; 
79 % des électeurs d’Emmanuel Macron au premier tour de la dernière présidentielle (+8 par rapport à la moyenne des Français) veulent garder cette loi telle qu’elle est, et 20 % l’assouplir. 
https://jean-jaures.org/sites/all/themes/fjj/img/picto_partager_blanc.png
Chez les personnes qui se déclarent de confession musulmane, 66 % déclarent vouloir la garder telle qu’elle est, et 24 % assouplir certains aspects de cette loi. 
II - CE QU’EST LE PRINCIPE DE LAÏCITÉ POUR LES FRANÇAIS

Première des fondations politiques françaises, la Fondation Jean-Jaurès est à la fois un think tank, un acteur de terrain et un centre d’histoire au service de tous ceux qui défendent le progrès et la démocratie dans le monde.
Notre objectif, en tant que Fondation reconnue d’utilité publique, est de servir l’intérêt général. Nous mobilisons pour cela les pouvoirs publics, les politiques, les experts mais aussi les citoyens. Nous encourageons la rencontre de leurs idées et le partage des meilleures pratiques par nos débats, nos productions et nos actions de formation.



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